Noël n’a pas toujours été la fête que l’on connaît aujourd’hui et le Père-Noël est en réalité bien plus qu’un personnage jovial et ventripotent tout droit venu du pôle nord, qui parcourt le monde le temps d’une nuit pour offrir à chacun cadeaux et chocolats. Nous allons vous raconter l’histoire vraie de Noël…

Cela fait plus de 2000 ans que dans de nombreuses régions du monde, le mois de décembre est le théâtre de rites et de célébrations étranges. Différentes cultures et religions ont contribué, à travers les âges, à créer l’esprit de Noël, à la croisée des chemins entre paganisme et chrétienté. Quant au Père-Noël, un peu lutin, un peu chaman ou même évêque, qui est-il vraiment ?

Aux origines, les fêtes du solstice d’hiver

Dans la Rome antique, les Saturnales

Dans la Rome Antique, du 17 au 25 décembre, on célébrait les Saturnales, donnée en l’honneur du Dieu Saturne. Ces fêtes étaient liées au solstice d’hiver qui désigne le jour le plus court de l’année mais marque aussi le retour du soleil invaincu qui reprend ses droits sur la nuit. Ces fêtes s’achèvent le 25 décembre, soit le jour de la nativité, qui désigne ici la renaissance du soleil et non celle de Jésus.

Durant ces 7 jours de festivité, les activités militaires et judiciaires étaient suspendues, on cessait les travaux aux champs et on festoyait tous ensemble dans un esprit volontiers facétieux. On ornait les maisons de plantes et de branches de sapin, on se rassemblait avec famille et amis et on s’offrait des cadeaux.

Mais ces fêtes étaient également une période d’inversion sociale qui commémorait le fait que sous le règne de Saturne, « les mortels vivaient comme les Dieux et, loin de tous les maux, se réjouissaient au milieu des festins », écrit le poète grec Hésiode. A cette occasion, les maîtres troquaient donc leur toge contre la tunique, tenue des esclaves, et portait le pileus, le bonnet des esclaves affranchis (qui inspirera le bonnet phrygien). L’espace de quelques jours, les maîtres servaient leurs esclaves qui avaient alors exceptionnellement le droit de boire de l’alcool et de s’adonner aux jeux de dès.

On désignait un roi des Saturnales, issu du peuple. Bien sûr, le pouvoir de ce roi était symbolique, il pouvait simplement « boire, s’enivrer, crier, plaisanter, jouer aux dés, choisir les rois du festin, régaler les esclaves, chanter nu, applaudir en chancelant, être parfois jeté dans l’eau froide, avoir la figure barbouillée de suie », écrit Lucien au 2e siècle dans les Saturnales.

En 708 avant JC, Jules César introduit le calendrier solaire, ou calendrier Julien, qui remplace alors le calendrier lunaire. Le solstice d’hiver y est fixé au 25 décembre, ce qui est une erreur puisque le solstice a lieu le 21 décembre, mais cette erreur fera date et aujourd’hui encore, la nativité est fêtée le 25 décembre.

Avec l’avènement du christianisme, les choses vont évoluer. En effet, ces célébrations païennes traditionnelles répandues depuis des siècles ne plaisent pas à la nouvelle église, mais plutôt que de tenter de les faire disparaître, elle décide de se les réapproprier. En l’an 354, sous le règne du pape Libère, on fixe ainsi la date de la naissance de Jésus au 25 décembre. La fête du solstice d’hiver est peu à peu oubliée au profit de la célébration religieuse.

saturnales-solstice-hiver

Au Moyen-âge, la fête des fous

Si le Dieu Saturne disparaît de ces célébrations, la facétie, elle, n’a pas dit son dernier mot, comme en témoigne la Fête des fous, sur laquelle s’ouvre le roman Notre-Dame-de-Paris, de Victor Hugo, donnant à voir des scènes de grande liesse populaire.

Elle était célébrée les 26, 27 et 28 décembre dans de nombreuses villes de France mais aussi en Europe. On l’appelait aussi la fête des Sous-Diacres, des Diacres-Saouls, des Libertés de décembre, ou encore fête des Innocents ou fête de l’âne, puisqu’elle était censée honorer l’âne sur lequel Jésus fit son entrée dans Jérusalem et le massacre des enfants de moins de 2 ans nés à Bélen, ordonné par le roi Hérode qui voulait tuer le nouveau-né Jésus de Nazareth.

Aubin-Louis Millin de Grandmaison, bibliothécaire français et grand érudit vivant au XIXe siècle, décrit La fête des fous comme un épisode donnant lieu à des rites très bizarres. On retrouve dans cette mascarade l’idée d’inversion sociale puisque le clergé cédait alors l’exercice de la prêtrise au peuple, et notamment à un enfant qui recevait le titre d’évêque des fous. Il occupait le siège du prêtre puis prenait la tête d’une procession festive où on retrouvait des membres du clergé, gens du peuple et fêtards. L’ambiance était des plus paillardes : les prêtres se barbouillaient le visage, dansaient dans les rues, chantaient des chansons obscènes, prenaient des poses suggestives et impudiques, le peuple buvait et s’adonnait à toutes sortes d’excès.

En raison des débordements auxquels elle donnait lieu, la fête fut peu à peu prohibée, non sans difficulté. Pour y parvenir, l’Église autorisa l’usage de la violence pour hérésie contre les membres du clergé qui persisterait à y participer. On fit en sorte de sacraliser la période de Noël et les festivités populaires furent alors repoussées de quelques semaines. Elles deviendront le Carnaval.

fête-des-fous

A partir de l’époque médiévale, la légende de Saint-Nicolas

Alors que la fête des fous disparaît, Saint-Nicolas apparaît.

« L’évêque chrétien remplace l’évêque des fous. Le jeune est devenu un vieillard. Un personnage réel est devenu un personnage mythique ; une émanation de la jeunesse, symbolisant son antagonisme par rapport aux adultes, s’est changée en symbole de l’âge mûr dont il traduit les dispositions bienveillantes envers la jeunesse ; l’apôtre de l’inconduite est chargé de sanctionner la bonne conduite. Aux adolescents ouvertement agressifs envers les parents se substituent les parents se cachant sous une fausse barbe pour combler les enfants. » Lévi-Strauss, Le père-noël supplicié, 1952.

saint-nicolas

Saint-Nicolas vécut au 4e siècle en Lycie, le sud de l’actuelle Turquie. Evêque de Myre, il était réputé pour sa grande bonté, notamment envers les enfants. Après sa mort, un 6 décembre, il fut sanctifié. Sa légende apparaît au Moyen-âge et son culte se répand rapidement dans toute l’Europe de l’Ouest.

Elle raconte l’histoire de 3 enfants partis glaner dans les champs qui se perdirent en rentrant et frappèrent à la porte d’un boucher prénommé Pierre Lenoir. Il les fit entrer, les assassina, les découpa en morceaux et les mit à sécher dans son saloir pour en faire du petit salé. Saint-Nicolas arriva peu après sur son âne, frappa chez le boucher qui l’invita à sa table. Il lui demanda du petit-salé. L’homme se sut aussitôt démasqué et avoua son forfait. Saint-Nicolas tendit 3 doigts au dessus du saloir, les enfants se reconstituèrent et ressuscitèrent. Il enchaîna le boucher à son âne et l’emmena partout avec lui pour le punir.

Saint-Nicolas devint le Saint-Protecteur des enfants. Dans les pays d’Europe du Nord et de l’est, on commémore chaque année sa disparition : un personnage habillé en Saint-Nicolas va de maison en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages durant la nuit du 6 décembre. Il est toujours accompagné du boucher, devenu le père fouettard, qui effraie et punit les enfants désobéissant.

Le père fouettard est tout de noir vêtu, il porte une cagoule noire, une barbe noire et a une mine patibulaire. Saint-Nicolas, au contraire, est lumineux, il porte des vêtements colorés, il a une barbe blanche et un sourire bienveillant. C’est au XIIe siècle que Saint-Nicolas prend le nom de Noël, un mot dont l’étymologie reste flou mais qui pourrait provenir des deux mots gaulois noio, nouveau et hel, soleil. Une référence au solstice d’hiver et à l’origine païenne de la fête.

pere-fouettard

 

De Saint-Nicolas à Santa Klaus

La réforme protestante du XVIe siècle supprima la célébration de Saint-Nicolas dans toute l’Europe. Seuls les Hollandais conservèrent leur Sinter Klaas. Un siècle plus tard, en émigrant aux Etats-Unis, ils l’emmenèrent avec eux, ainsi que tout le folklore, légendes et traditions associés. C’est ainsi que les rennes, lutins et sapins décorés imprégnèrent l’esprit de noël. Le nom Santa-Claus est d’ailleurs directement tiré du Sinter Klaas, le Saint-Nicolas des Hollandais.

Au fil des siècles, ce personnage s’imposa dans toutes les communautés, prenant différents noms. Même les chrétiens l’adoptèrent, estimant que cette fête des enfants pouvait tout aussi bien servir à célébrer la naissance de Jésus. Le Père-Noël se mit donc à faire sa tournée des maisons dans la nuit du 24 au 25 décembre et non plus dans la nuit du 6 au 7 décembre afin que toutes les croyances y trouvent leur compte. Dans de nombreuses régions, cependant, notamment en Alsace pour la France et dans les pays de culture germanique, on continue à célébrer Saint-Nicolas le 6 décembre.

Tout un univers légendaire

Aux États-Unis, le mythe du Père-Noël moderne prend sa source dans un poème de Clement Moore paru en 1823 : The Night Before Christmas. Il y est question de la venue de Saint-Nicolas, lutin dodu et jovial qui descend du ciel dans un traîneau tiré par 8 rennes volants pour distribuer des cadeaux aux enfants. En Europe, c’est Charles Dickens qui, en 1850, donnera naissance à l’imagerie de Noël en publiant ses Livres de noël, très vite traduits en français.

christmas-dickens

Notre représentation graphique du Père-Noël nous vient quant à elle de Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste, qui publia en 1860 un premier dessin paru dans le Harper’s Weekly dans lequel on découvre un père-noël petit et rond, portant une longue barbe blanche, une houppelande en fourrure, et fumant la pipe. En 1890, il publie son ouvrage « Dessins de Noël de Thomas Nast pour le genre humain », contribuant à graver dans l’imaginaire collectif le portrait de ce père-noël joufflu et souriant. C’est également lui qui établit le lieu de résidence du Père-Noël au pôle Nord, probablement pour justifier les vêtements chauds et les rennes qui tiraient son traîneau. Le petit-fils de Thomas Nast explique quant à lui que son choix s’est porté sur cette contrée car elle se situait à égale distance de la plupart des pays de l’hémisphère nord où Noël était majoritairement célébré.

thomas-nast

On attribue souvent à Coca-Cola la responsabilité du costume rouge du Père-Noël mais il n’en est rien. Dans de nombreux pays, cette couleur était déjà répandue bien avant le XXe siècle. Une carte de noël éditée par Louis Prang en 1885 le représente à vélo, avec une longue barbe blanche et un costume rouge, la marque ayant été créée en 1886, elle ne peut en être à l’origine. L’appropriation du personnage par la marque dans les années 1930 a cependant très probablement contribuée à fixer cette représentation du père-noël.

Et le sapin de Noël ?

L’arbre de noël aurait fait son apparition en Alsace, vers 1520, quand les habitants de la région ont commencé à couper les arbres encore verts de la Saint-Thomas, le 21 décembre. Ils les décorèrent de confiseries et de pommes, en référence à Adam et Eve. Certains attribuent aussi à Luther la décoration du premier arbre de noël avec des bougies, symbole de la lumière du Christ. L’étoile qui orne la cime du sapin serait quant à elle une référence à l’étoile polaire, celle qui nous guide lors de la plus longue nuit de l’année.

D’autres traditions païennes qui ont nourri l’esprit de Noël

Un père-noël nordique

Certains relient le personnage du Père-Noël à la mythologie nordique et à certaines divinités qui profitaient du solstice d’hiver pour récompenser leurs adeptes les plus fervents.

Il pourrait être l’incarnation du Dieu Thor, représenté comme un vieil homme habillé en rouge et portant une barbe blanche qui se déplaçait sur un char tiré par des boucs. Il pourrait également avoir été inspiré par le Dieu Odin qui chevauchait Sleipnir, un cheval à 8 pâtes qui n’est pas sans évoquer les 8 rennes du père-noël. L’ethnologue Arnold Van Gennep, quant à lui, voit dans le père-noël la réminiscence du dieu celte Gargan, qui portait une hotte et des bottes.

dieux-nordiques

Un père-noël chamane

John Rush, un anthropolgue américain spécialisé dans l’étude de la magie, des mythes et des religiosn, rapproche nos rites de Noël de certaines pratiques ancestrales des chamans de Sibérie, et plus particulièrement du peuple des Evenki, des éleveurs de rennes qui dépendaient de ces animaux pour survivre dans la mesure où ils leurs fournissaient nourriture, vêtement, outils, couverture ou encore moyens de transports. Ce sont aussi les animaux des esprits des Chamans. D’après Boris Rybakov, historien et archéologue russe, le culte des cervidés lié au chamanisme remonte au mésolithique.

Dans ces contrées arctiques, le chamanisme est également lié à l’Amanite tue-mouche, célèbre champignon rouge à pois blancs mortellement vénéneux que l’on voit parfois apparaître, sans savoir pourquoi, dans nos décorations de Noël. En raison de sa rareté, ce champignon était sacré pour les peuples de Sibérie et les chamans s’en servaient lors de leurs cérémonies pour ses effets psychoactifs. Comme il poussait essentiellement sous les pins, cet arbre devint lui aussi un symbole sacré.

Pour réduire la toxicité de ces champignons, il convient de les faire sécher. Selon John Rush, lorsqu’ils procédaient à leur cueillette, les chamans les disposaient donc sur les branches des sapins alentours, parant ainsi leurs parures sombres de décorations rouges et blanches. Lorsqu’ils avaient terminé leur cueillette, ils ramassaient les champignons et les glissaient dans un grand sac avec lequel ils allaient visiter les maisons du village pour distribuer les champignons. Comme la neige abondante bloquait souvent les portes des habitations, ils les faisaient passer par la cheminée située au sommet des yourtes. Les champignons poursuivaient ensuite leur processus de séchage dans de grandes chaussettes suspendues près du feu. Une fois ingérée, ces champignons provoquaient des hallucinations et donnaient à ceux qui les avaient consommés l’impression de voler.

Les sapins sous lesquels les amanites poussaient étaient considérés par les peuples de Sibérie comme des symboles de l’Arbre-Monde. Souvent, ils en plaçaient un au centre de leur yourte pour qu’il puisse guider leur esprit vers l’extérieur lors des voyages chamaniques. Pour ces peuples, l’étoile du Nord était le sommet du Monde Supérieur, elle était donc logiquement placée au sommet de l’Arbre-Monde.

Les Nisse ou Tomte, en Scandinavie

En Scandinavie, un nisse ou tomte est une créature légendaire souvent représenté sous la forme d’un homme âgé dont la taille peut varier de quelques centimètres à plus d’un mètre. Il a souvent une barbe et porte des vêtements de travail de paysans. Il protège les enfants et la maison du fermier quand ses habitants sont endormis.

nisse-tomte

A partir du XIXe siècle, le Nisse est aussi appelé Julenisse qu’on peut traduire par lutin de Noël. Il devient celui qui apporte les cadeaux durant la fête de Jul, la fête du solstice d’hiver qui a lieu le 21 décembre. Le mot Jul  désigne la période de Noël dans la culture germanique et provient du vieux norrois, langue commune aux pays scandinaves durant l’âge des vikings. Durant cette fête, on commémore la mort du Holly King, le Roi de Houx, auquel succède le Oak King, le Roi de Chêne. Cette passation de pouvoir symbolise le passage de l’hiver au printemps, les jours rallongeant à compter du 25 décembre.

C’est de cette fête traditionnelle scandinave que nous viennent les couronnes de houx, les lutins du Père-Noël, mais aussi la bûche de noël. En effet, au début de la fête de Jule, on allumait dans l’âtre du foyer une grosse buche qui brûlait plusieurs jours, idéalement jusqu’au nouvel an. Elle servait d’offrande aux Dieux et devait protéger toute la famille jusqu’à l’année suivante. Avant de brûler, elle était bénie avec une branche de buis conservée depuis la fête des rameaux, on l’allumait ensuite avec des cendres datant du feux de la Saint-Jean, le 21 juin précédent, soit le solstice d’été. On retrouve cette tradition en Provence à la même période. Là-bas, ce rite païen s’appelle le Cacho Fio.

En 1881, un magazine suédois publie un poème de Viktor Rydberg, Tomten où le tomte. Il y est question d’un lutin, seul être réveillé pendant la nuit de Noël qui s’interroge sur les mystères de la vie et de la mort. Ce poème était illustré par un dessin de Jenny Nyström représentant ce tomte sous les trains d’un homme bienveillant à barbe blanche.

 

Le Père-Noël, un être imaginaire mélange de nombreuses cultures

Noël tel que célébré aujourd’hui est donc une fête qui prend racine dans de très nombreuses cultures. Si ces origines semblent européennes, les festivités qui y sont associées se sont désormais répandues à travers le monde et un peu partout, d’Europe en Amérique, d’Asie en Afrique et en Océanie, la fin de l’année donne lieu à des festivités liées au personnage de Santa-Claus. Ce personnage est le fruit d’un mélange entre différentes traditions, légendes, religions et folklores, comme l’explique Levi-Strauss :

« On ne peut pas parler de la survivance d’une tradition archaïque puisqu’elle est de sources et d’époques trop diversifiées, mais bien d’une convergence ou, pour utiliser un vocabulaire spécialisé, d’un syncrétisme, mélange de croyances, de rituels différents. En fait, cet être surnaturel et immuable, éternellement fixé dans sa forme et défini par une fonction exclusive et un retour périodique, relève plutôt de la famille des divinités ; il reçoit d’ailleurs un culte de la part des enfants, à certaines époques de l’année, sous forme de lettres et de prières ; il récompense les bons et prive les méchants. C’est la divinité d’une classe d’âge de notre société (classe d’âge que la croyance au Père Noël suffit d’ailleurs à caractériser), et la seule différence entre le Père Noël et une divinité véritable est que les adultes ne croient pas en lui, bien qu’ils encouragent leurs enfants à y croire et qu’ils entretiennent cette croyance par un grand nombre de mystifications. »

En ce sens, c’est aussi une figure symbolisant un rite de passage : son culte est réservé aux enfants qui l’abandonnent dès lors qu’ils sont en âge de devenir adulte.

 

Sources :

Claude Levi-Strauss – Le Père-Noël supplicié, 1952, éditions Seuil.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saturnales

https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_Fous

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nisse_(folklore)